Éoliennes vs nucléaire : combien faut-il d’éoliennes pour remplacer un réacteur ?

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Éoliennes vs nucléaire : combien faut-il d’éoliennes pour remplacer un réacteur ?
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Marie Dubois

Lors d’une visite d’un parc éolien en Normandie, j’ai été frappé·e par la taille impressionnante d’une seule turbine. Pourtant, même une machine de 3 MW ne rivalise pas avec les près de 1 300 MW* d’un réacteur nucléaire standard en France, comme ceux exploités par EDF. Pour atteindre l’équivalent en puissance installée, il faudrait donc installer environ 430 éoliennes terrestres de 3 MW chacune. En mer, où les turbines atteignent déjà 6 MW et pourraient monter jusqu’à 18 MW à l’avenir, ce nombre tombe à environ 215 unités.

L’importance du facteur de charge

La comparaison brute de mégawatts ne suffit pas, car ni l’éolien ni le nucléaire ne fonctionnent à pleine puissance 24 h/24. Le facteur de charge — soit le ratio entre l’énergie réellement produite et ce que l’on obtiendrait si la machine tournait à bloc toute l’année — diffère fortement :

  • Pour l’éolien terrestre en France, RTE indique un taux moyen de 21,6 % en 2022, en légère baisse par rapport à la décennie passée.
  • Pour le parc nucléaire, ce même bilan cite 51,7 %, affecté par des maintenances et des ajustements de production selon la demande.

Sur la base de ces données, un réacteur de 900 MW a généré environ 4,1 TWh en 2022. Pour produire autant avec des éoliennes terrestres de 3 MW, il aurait fallu près de 720 machines, une fois pris en compte la disponibilité réelle.

Quel impact du changement climatique sur la production ?

Les projections du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) suggèrent une légère diminution du vent moyen d’ici 2050, pouvant faire baisser le facteur de charge éolien d’environ 1 point. Quant au nucléaire, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) anticipe surtout des contraintes thermiques sur les centrales au fil des étés caniculaires, obligeant parfois à réduire la production pour préserver la qualité des eaux de rejet. Toutefois, ces effets devraient rester modérés et ne pas bouleverser fondamentalement la stabilité de l’offre.

Au-delà du nombre, un problème de système

Comparer des chiffres seuls omet plusieurs réalités :

  • Durée de vie : une éolienne terrestre dure en moyenne 20 à 25 ans (30 ans en mer), contre 50 ans pour un réacteur nucléaire. Il faudrait donc doubler le parc éolien pour compenser la longévité moindre.
  • Intégration au réseau : l’énergie intermittente exige des solutions de stockage ou d’équilibrage (batteries, step, flexibilité hydraulique), avec des coûts système non négligeables.
  • Empreinte environnementale : extraction de matériaux (terre rare, acier), occupation des sols et recyclage des pales sont autant de considérations à inscrire dans un bilan global, comme le recommande l’ADEME pour toute nouvelle filière énergétique.
Marie Dubois
Écrit par
Marie Dubois

Spécialiste de la législation sur les alcools et la distillation

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